Les salariés qui ont goûté au télétravail depuis le début de l’épidémie de Covid-19 veulent continuer, mais dans des conditions moins éprouvantes pour eux et pour leurs proches. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude publiée, lundi 6 septembre, par l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (Ugict) de la CGT. Pour ce syndicat, il est urgent d’encadrer plus strictement l’activité à distance, sous peine de porter atteinte à la santé des personnes concernées et à la cohésion des équipes dans les entreprises.
L’enquête s’appuie sur un questionnaire mis en ligne de la mi-mai à la mi-juin et qui a été rempli par un peu plus de 14 800 individus. Sans prétendre « à l’exhaustivité ou à la représentativité parfaite », elle a permis de recueillir des avis dans des « milieux professionnels divers », avec l’aide de statisticiens engagés à la CGT. De ce coup de sonde de très grande ampleur, il ressort une forte appétence pour le télétravail : 98 % des répondants aimeraient poursuivre leurs tâches ainsi, mais pour près des deux tiers d’entre eux, une telle organisation ne doit prévaloir que deux ou trois jours par semaine, au maximum. La principale raison de cet engouement tient à la diminution du temps passé dans les trajets entre le domicile et le bureau.
Le télétravail est « bien vécu » par une écrasante majorité (83 %) des personnes ayant participé à l’enquête. Autre point positif : plus de la moitié d’entre elles se déclarent moins fatiguées en exerçant leur profession à la maison « qu’en présentiel », grâce – notamment – à la réduction du nombre de déplacements pour se rendre à leur poste. Au total, cette façon d’occuper son emploi est plébiscitée « comme vecteur de temps libéré et d’autonomie ».
Pression accrue
Toutefois, plusieurs zones d’ombre se dessinent. D’abord, le temps de travail et la charge de travail ont augmenté « depuis le début de la crise sanitaire » pour un peu plus de 46 % des répondants. La moitié des personnes ayant rempli le questionnaire expliquent, par ailleurs, qu’elles prennent « moins souvent de pauses dans la journée ». En outre, les sollicitations professionnelles en dehors des heures de travail sont relativement fréquentes, les deux tiers des sondés disant se trouver dans cette situation, ce qui engendre des déséquilibres au détriment de leur vie personnelle.
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