
Ils n’échappent pas à la vague. Comme leurs homologues d’Agro Paris Tech, de HEC ou d’autres grandes écoles qui ont fait valoir, lors de discours de remise des diplômes, leurs attentes et leurs inquiétudes, la nouvelle génération d’ingénieurs du bâtiment nourrit des ambitions différentes de celles de ses aînés. « Le salaire n’est plus la première motivation, constate Joël Cuny, directeur général de l’Ecole spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP Paris) et délégué général du Réseau de l’enseignement supérieur de la construction. Aujourd’hui, les ingénieurs veulent intégrer une entreprise en lien avec les enjeux environnementaux et en cohérence avec leurs valeurs. C’est un phénomène à la fois très présent et très récent. S’ils sont conscients que les entreprises ne peuvent évidemment pas changer du jour au lendemain, ils accordent au moins de l’importance à un discours de sincérité. »
C’est ainsi que Loïck Rauscher Lauranceau, 25 ans, diplômé de l’Ecole nationale supérieure des mines de Nancy, a préféré se détourner du grand groupe où il postulait. Quand, en entretien, à la question rituelle sur les qualités du candidat, le jeune homme a déclaré être intègre et défendre l’écologie, il a senti le léger malaise de son interlocuteur. « Néanmoins, on m’a dit que si je voulais installer des poubelles recyclables dans les bureaux, on me soutiendrait », relève-t-il avec ironie. Sarah (certains de nos interlocuteurs ont requis l’anonymat), 22 ans, en cinquième année à Centrale Nantes, a remarqué, au cours d’un stage dans un important bureau d’études, « qu’il était difficile de changer les choses de l’intérieur ».
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