Quels débouchés les études d'histoire offrent-elles ? ©Getty
Quels débouchés les études d'histoire offrent-elles ? ©Getty
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Celles et ceux qui aiment l’histoire envisagent parfois de consacrer leurs études aux récits du passé, voire de faire de leur passion une profession. Vers quelles formations en histoire se tourner, et à quelle diversité de métiers ces études permettent-elles d’accéder ?

Avec
  • Joëlle Alazard, professeure de chaire supérieure en histoire au lycée Louis-le-Grand, présidente de l’Association des Professeurs d’histoire-géographie (APHG)
  • Théo Abramowicz, guide-conférencier, vice-président de la Fédération nationale des guides interprètes et conférenciers (FNGIC)
  • Fanny Cohen Moreau, journaliste, productrice de podcasts
  • Jérémie Maria, archiviste, responsable Archives et Histoire à la Banque populaire

Qu’il est difficile de faire un choix au moment des vœux d’orientation ou de réorientation, et pourquoi pas de reconversion professionnelle ! Comment lier sa passion à son métier ? Car, nous nous en rendons vite compte, nous allons consacrer des heures, des jours, des années à notre métier, alors, autant qu’il nous plaise ! Et si explorer le passé est ce qui nous motive dans la vie, pourquoi pas se lancer dans des études d’histoire ? À quels métiers les formations d'histoire permettent-elles d'accéder ?

"Le Cours de l’histoire" reçoit quatre invités diplômés en histoire, qui exercent aujourd'hui des professions en lien avec cette discipline et le désir de transmission. Leurs différents parcours nous offrent un échantillon des possibles professionnels après des études d’histoire : enseignement, recherche, journalisme, archivistique, médiation, archéologie, haute fonction publique, relations internationales, muséographie, conservation, patrimoine, édition…

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Devenir prof d'histoire-géo

Joëlle Alazard est agrégée d’histoire et docteure en histoire médiévale. Elle enseigne l’histoire en classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand à Paris et, en parallèle, est présidente de l'Association des professeurs d'histoire-géographie (APHG). Tout au long de sa carrière, elle a enseigné dans différentes institutions, aussi bien dans le secondaire que dans le supérieur (en classes préparatoires, à l'université, à Sciences Po). Le travail de professeure d’histoire lui permet de continuer à apprendre chaque jour et à approfondir sa passion pour l’histoire, tout en la communiquant à des élèves différents chaque année.

Elle témoigne : "J'adore parler de mon métier. Je le défends parce qu'enseigner l'histoire-géographie, c'est enseigner des contenus très divers, constamment renouvelés, qui nous obligent à nous documenter toute notre vie professionnelle, à suivre l'actualité. Ce sont les repères qui vont aider les jeunes à comprendre le monde, à l'expliquer, à se constituer aussi une culture solide, qui va leur servir toute leur vie durant. Tous les professeurs forment des citoyens, mais je trouve que l'histoire-géographie a un rôle clé."

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Devenir guide-conférencier

Théo Abramowicz est devenu guide-conférencier après des études d’histoire contemporaine à l’université. Il est également vice-président de la Fédération nationale des guides interprètes et conférenciers (FNGIC). Guide-conférencier indépendant, il s’est spécialisé dans l’histoire de Paris, sa ville d’origine, et propose des visites thématiques, souvent insolites, qu’il conçoit et anime intégralement. La préparation d'une visite ressemble à un travail de recherche, l’animation des visites peut évoquer le rapport pédagogique, mais la spécificité du métier de guide-conférencier réside dans l’ancrage sur le terrain. Les bâtiments, les monuments, et les œuvres autour desquels s'organise la visite sont autant de témoins du temps passé qui incarnent différemment le récit historique.

Pour Théo Abramowicz, guide-conférencier est aussi un métier de relations humaines : "Il est en partie vrai que nous travaillons seuls, [...] mais, ce que j'aime le plus dans mon métier, c'est de rencontrer des gens différents tous les jours. Je dis souvent aux groupes qu'ils m'apprennent autant de choses que je leur apprends."

Devenir journaliste

Fanny Cohen Moreau est journaliste. Forte de sa double formation en histoire médiévale à l’université et en école de journalisme, elle produit des podcasts consacrés à l’histoire médiévale (Passion Médiévistes). Peu à peu, elle a diversifié son offre et propose désormais également des podcasts sur l’histoire antique et moderne (Passion Antiquités et Passion Modernistes). À travers son travail, elle souhaite contribuer à la valorisation du monde académique, ainsi qu'à la démocratisation des savoirs. Elle s'attache également à déconstruire les stéréotypes associés à certaines périodes historiques, comme le Moyen Âge, et à faire la lumière sur le travail des chercheurs et des chercheuses : "Quels sont les sujets étudiés aujourd'hui à l'université ? Lesquels sont renouvelés ? Passion Médiéviste, Passion Antiquités et Passion Modernistes, c'est l'idée d'avoir quelqu'un, en master ou en thèse, qui parle de son sujet, mais aussi de ce que c'est, faire de la recherche : les difficultés, les bonheurs, les joies."

Pour préparer ses podcasts, Fanny Cohen Moreau peut s’appuyer sur sa culture générale historique, ses compétences de recherche, de réflexion, de rédaction et de synthèse, autant d’éléments qu’une formation en histoire lui a permis d’acquérir.

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Devenir archiviste

Jérémie Maria est responsable Archives et Histoire à la Banque populaire, et président des archives d’entreprise au sein de l’Association des archivistes français (AAF). Après des études dans la finance et la comptabilité, puis des études d'histoire, il s’est tourné vers le métier d’archiviste. Formé sur le terrain, dans la fonction publique territoriale, il rejoint le monde des archives privées au sein de la Banque populaire. Il est responsable de la collecte, du classement, de la conservation et de la communication des archives de la Banque populaire, créée en 1878, et qui a donc généré au fil du temps une masse de documents à la fois économiques, financiers et administratifs, mais aussi iconographiques, audiovisuels, et même des objets. "J'ai récupéré récemment une planche de surf, parce qu'elle était dans une campagne de pub Banque Populaire. Une fois la campagne finie, elle a été versée aux archives", raconte l'archiviste.

Jérémie Maria met en valeur ce fonds d'archives, afin de le rendre accessible aux chercheurs et chercheuses qui auraient besoin de le consulter, mais aussi afin de créer une culture d’entreprise autour d’une histoire partagée et de contribuer à l’image de marque de l’entreprise. "Le mythe fondateur de Banque Populaire, [qui explique] pourquoi elle est aujourd'hui la première banque des PME, vient de son histoire. La Banque Populaire a été créée par des petits entrepreneurs, des artisans, des commerçants, qui n'avaient pas accès au schéma traditionnel du crédit et qui ont mis en commun leur épargne pour financer les projets de chacun. C'est aussi pour cela que l'histoire est importante en entreprise.", souligne l'archiviste.

Depuis la fin des années 1990, un nombre croissant de sociétés privées se dote de services dédiés à la mémoire, à l’histoire et aux archives, ce qui atteste d’une véritable demande de patrimonialisation du monde de l’entreprise.

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Références sonores

Extraits de film :

  • On connaît la chanson d'Alain Resnais, avec Sabine Azéma, Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, 1997
  • Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes, avec Julie Ferrier, 2007
  • P.R.O.F.S de Patrick Schulman, 1985
  • Les Sous-Doués passent le bac de Claude Zidi, avec Daniel Auteuil, 1980

Archives :

  • Arlette Farge à propos de son "goût de l'archive" dans l'émission "Atout cœur", Radio Bleu, 22 novembre 1991
  • Pierrette Bruno chante et raconte l'histoire de France, 1966

Générique : "Gendèr" par Makoto San, 2020

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