"Un horizon pour la suite" : à l'expo Crush, les étudiants des Beaux-Arts dévoilent leurs talents aux pros de l'art contemporain

Les Beaux-Arts de Paris organisent cette semaine la cinquième édition de leur exposition Crush. L’occasion pour les étudiants de quatrième et cinquième années de présenter leurs travaux aux professionnels de l'art contemporain.
L’avenir des étudiants des Beaux-Arts de Paris se joue-t-il cette semaine ? La prestigieuse école de la rue Bonaparte organise l’exposition Crush, jusqu'au 16 mars 2025 regroupant les œuvres de 79 étudiants de 4e et 5e années afin de les présenter aux professionnels de l'art contemporain.
Julia, élève en quatrième année, espère ainsi des rencontres fructueuses. "Au-delà de vendre, j’aimerais qu'on retienne mon prénom et obtenir des propositions de collaborations", explique la jeune femme de 23 ans. Comme tous ses camarades, elle profite de l'expo pour présenter une de ses œuvres. Baptisée La Pisseuse, une sérigraphie au visuel aussi provocant que son intitulé, se dessine derrière la silhouette de l'artiste. L'œuvre a été réalisée à base de fusain et d’acrylique ; un cocktail détonnant fruit d’un programme scolaire chapeauté en 2024 par les Beaux-Arts et l’Art Institute de Chicago.

Un "point d’étape avant la sortie de l’école"
Pour sa part, Hervé, étudiant en quatrième année, considère Crush comme un "point d’étape avant la sortie de l’école". Le jeune homme de 30 ans, se réjouit de son "premier événement avec des professionnels du secteur" et présente dans ce cadre son œuvre Mouxels en vitrail de nuit, une sculpture numérique lumineuse datée de 2024. L’artiste en formation espère profiter "d’un peu de visibilité" et commencer à discerner un "horizon pour la suite".
Plus avancée dans son parcours car inscrite en cinquième année, Maëlle imagine plus clairement son avenir : "J’ai plus ou moins la suite en tête, à savoir un atelier avec des amis qui utilisent, comme moi, le bois." Celle, dont le cursus se terminera en septembre 2025, dispose déjà du diplôme de La Cambre, une école belge d’arts visuels. Mais la jeune artiste a conscience des difficultés qui l'attendent, comme la nécessité de "garder un job alimentaire".
Galeristes et curateurs
Tous ces étudiants sont accompagnés par trois commissaires d’exposition : Chris Cyrille-Isaac, Horya Makhlouf et Julia Marchand. Cette dernière a tenu à "ne pas kidnapper les œuvres des étudiants et à leur laisser la liberté de rencontrer leur pratique artistique". Avec ses deux collègues, elle accompagne ces 79 jeunes dans ce "grand moment parisien" et se réjouit de la venue de nombreux professionnels, comme des galeristes, représentants de fondation, curateurs, etc.

Afin d’accroître la caisse de résonance de l'expo, les Beaux-Arts organisent, samedi 15 mars 2025, une journée de performance. Durant celle-ci, certains étudiants présenteront leurs œuvres sous un nouvel angle, comme Dahlia Rebecca, inscrite en cinquième année. Son show intitulé Vroum vroum, comédie musicale pour voitures composée de carton, de scotch et d'un enregistrement sonore, devrait dérouter l'auditoire. Et pourquoi pas muer ce crush printanier en relation longue.